Vélo 15 et 7

Maréchaux : notre proposition

 

Programmé et étudié sous la mandature de Jean Tibéri, financé grâce à la signature en mai 2000 d’un contrat de plan avec Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional, réalisé sous la mandature de Bertrand Delanoë, le tramway des Maréchaux sud (T3) sera mis en service en décembre prochain.

Malgré quelques péripéties politiciennes, cet équipement a fait l’objet sous ces deux mandatures d’un large consensus dans la classe politique comme dans la majorité de la population.

Le résultat, tel qu’on peut aujourd’hui le contempler, est dans l’ensemble très satisfaisant : l’aspect général de ces boulevards a été bien mis en valeur, leur caractère urbain affirmé. Les trottoirs ont été élargis, l’accès aux commerces facilité, plusieurs portes de Paris (dont la porte de Versailles) rendues plus humaines.

Avec une des lignes les plus courtes d’Europe (moins de 8 kilomètres), un tracé totalement rectiligne, une technologie éprouvée (on n’a par exemple pas pris le risque d’enterrer l’alimentation électrique), le tramway lui-même ne devrait pas poser de problème de fonctionnement.

Une nette amélioration est donc prévisible pour les piétons, les riverains, les commerçants, les utilisateurs des transports publics. Deux catégories d’utilisateurs seraient cependant, si l’aménagement n’était pas modifié, perdantes :

-  les riverains possesseurs d’automobiles, le nombre de places de stationnement ayant très largement diminué ;
-  les cyclistes, qui disposeraient de morceaux discontinus d’un aménagement mal tracé et de mauvaise qualité. Le premier inconvénient rejaillit d’ailleurs sur le second, puisque les automobilistes ont depuis plusieurs mois pris l’habitude de se garer sur les trottoirs, en particulier sur la partie de ceux-ci baptisée "piste cyclable". La municipalité a récemment pris conscience de ce problème et distribué sur les pare-brises des papillons transparents censés dissuader ce stationnement. Il est probable que cette tentative sera largement vouée à l’échec, et que de nombreuses voitures continueront à stationner sur la "piste cyclable", aboutissant à créer deux catégories de mécontents, les automobilistes épisodiquement verbalisés et les cyclistes empêchés de circuler.

Cette difficulté, ainsi que le mauvais tracé de la piste, et le fait que les cyclistes seront de toutes façons obligés de rouler sur la chaussée sur les 15% de l’itinéraire sur lesquels n’existe aucun aménagement, entraînera un bon nombre d’entre eux à rouler en permanence sur la chaussée, avec l’inconvénient de le faire sans aucun aménagement.

On pourrait chercher à résoudre ce problème en bordant en totalité les trottoirs de poteaux verticaux coiffés de blanc destinés à cet usage. Mais leur multiplication en fait rapidement une "forêt" particulièrement disgracieuse, comme on peut déjà le constater à certains endroits sur ces boulevards. Et l’on sait de plus que l’imagination des automobilistes est sans limite (parfois même accompagnée de vandalisme), aboutissant à la présence d’automobiles en stationnement sur les endroits théoriquement les mieux protégés.

La seule solution réelle à ces deux problèmes consiste à notre avis :
-  à tracer sur l’ensemble de l’itinéraire une piste ou une bande cyclable sur la chaussée ;
-  à redonner aux piétons une partie de l’espace ainsi dégagé sur le trottoir (la largeur de l’ensemble "piste cyclable" + trottoir est parfois réellement insuffisante) ;
-  à rétablir à d’autres endroits des emplacements de stationnement automobile, en particulier là où la "piste cyclable" longe la chaussée.

Le tracé d’une piste ou bande cyclable sur la chaussée entraînera bien sûr la disparition d’une des deux voies (étroites) destinées aux automobiles. Il convient de rappeler qu’un referendum a été organisé auprès des riverains de l’avenue Jean-Jaurès (XIX°), pour savoir s’ils préféraient deux files de circulation, ou une file de circulation et une file de stationnement. C’est la seconde proposition qui a été largement plébiscitée. Pourquoi ne pas poser la même question aux riverains des Maréchaux ? Nous soumettons cette proposition aux responsables de la Ville, aux autres associations, aux élus, à la population. Nous pensons qu’elle est réaliste et juste, et qu’elle est avantageuse pour tous, sauf pour l’amour-propre des concepteurs de cet aménagement.

Abel Guggenheim